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Un quatuor qui a fait bonne figure

Les quatre pugilistes représentant le Comité régional lors des demi-finales et finales des Championnats de France amateurs (CFA) seniors masculins, les 10 et 11 décembre à Pontoise, ont été à la hauteur de l’évènement même si seul Lounès Hamraoui a été sacré.

Lounès Hamraoui enquille

Une nouvelle fois sacré en -64 kg, le sociétaire du Noble Art de Rouen a eu fort à faire en finale. Il a dominé (5-0) le Tahitien de Nantes, Tautuatemaeva Dauphin, qui a voulu imposer de bout en bout une épreuve de force. « C’est mon septième titre national et donc, forcément, une grande satisfaction et un soulagement en même temps qu’une confirmation, juge Lounès Hamraoui. Cela a été une très belle finale avec un très bon adversaire. Au premier round, il m’est rentré dedans car je pense qu’il a voulu rouvrir ma blessure que j’avais contractée en demi-finale parce que si j’avais été arrêté, j’aurais été automatiquement déclaré perdant. Heureusement, j’ai su gérer. Ensuite, j’ai fait la différence grâce à ma technique et à mon coup d’œil. Mes coupures à l’œil et derrière l’oreille ne m’ont pas mis très à l’aise, si bien que je n’étais pas à 100 % mais j’ai su me rattraper grâce à mon bagage pugilistique. » Une performance qui incite plus que jamais l’intéressé à se tourner vers l’avenir : « A présent, mon objectif, c’est avant tout de prouver à l’international. J’ai digéré mon élimination en huitième de finale des Mondiaux. Cela a été compliqué car elle a eu lieu face à un boxeur que j’avais déjà battu. Je pense que j’avais largement ma place sur le podium. C’est la vie. Il faut passer à autre chose. Je vais me préparer pour les prochains championnats d’Europe et du monde ainsi que pour les JO de Paris qui sont dans le collimateur. J’ai, en effet, l’intention de rester amateur jusqu’en 2024. »

Enzo Marguerite a tout donné

En demi-finale des -69 kg, Enzo Marguerite a subi la loi (5-0) d’Hugo Grau à l’issue de ce qui était considéré, par beaucoup, comme une finale avant l’heure. Les juges ont privilégié la mobilité et la boxe très complète du Vendéen qui a su esquiver et remiser à bon escient quand le Normand du BC de Pont-Audemer a fait montre d’un entrain et d’une activité irréprochables tout au long des trois rounds. « J’ai fait ce que j’ai voulu faire, commente-t-il. J’ai écouté mon coin en appliquant la bonne stratégie. En l’occurrence, ne pas le lâcher, lui mettre la pression et sortir en crochets car il boxe en ligne. Je me vois remporter le premier round, au cours duquel j’ai été plus précis, et le troisième où je suis allé chercher la victoire en avançant sans cesse et en le touchant bien avec des coups nets. À mon sens, je n’ai perdu que le deuxième car j’ai eu une petite baisse de régime. Je suis à la fois satisfait de ma prestation et très déçu du résultat car je me suis vraiment arraché à l’entraînement pour décrocher cette ceinture. Je suis quand même allé jusqu’en demi-finale alors que ce n’est que ma première année en seniors et que je suis monté de catégorie. C’est un beau parcours qui est prometteur même si, encore une fois, je voulais aller au bout. » L’élève d’Alain Vastine mesure le chemin accompli : « J’ai énormément progressé. J’ai beaucoup gagné en puissance tandis que sur le plan physique, je suis très fort. Je ne le lâche pas le morceau. J’ai le mental. Le fait d’être à l’Insep m’a notamment permis de m’améliorer techniquement, d’être plus efficace dans mes coups et vraiment plus explosif. Je vise une participation aux Jeux de Paris en 2024. »

Baptiste Cheval a fait mieux que résister

Champion de Normandie en -75 kg, le pensionnaire de la Jeunesse Sportive de Fleury a offert une belle réplique toute en mobilité devant l’épouvantail de la catégorie, le surpuissant Moreno Fendero, vainqueur à l’unanimité (5-0). Une performance qui n’a pourtant pas lieu de combler, loin s’en faut, le Normand : « Je ne suis pas du tout content de moi. Il faut savoir que j’avais arrêté la boxe pendant trois ans et demi. Je n’ai repris que cette année et je savais que cela allait être dur. J’ai fait une mauvaise prestation contre Moreno. Je reviendrai la prochaine fois en étant plus expérimenté. En effet, ce n’était que mon dix-huitième combat en amateurs. Lui a eu la chance de pouvoir boxer pendant la crise sanitaire, ce qui n’a pas été mon cas. Mais je n’ai pas d’excuse et c’est un très beau champion. J’ai eu un coup de mou. J’ai manqué d’envie alors que je l’avais avant de monter sur le ring. Cela est sans doute dû à l’enjeu car c’est la première fois que je participe aux CFA. Il fallait surtout ne pas trop reculer ni me laisser acculer dans les cordes. Le niveau national, ce n’est pas la même chose que le niveau régional. Cela me servira de leçon. Néanmoins, je suis content de ce que j’ai accompli au cours de la compétition. Il y a encore six mois, j’étais en train de m’amuser avec mes potes (rire). Jamais de ma vie, je n’aurais pensé disputer les demi-finales des CFA. Je vais continuer dans les rangs amateurs. On verra où cela me mènera. Dans l’idéal, j’aimerais intégrer le collectif de l’équipe de France. »

Louis Ameline est passé près

Vice-champion de Normandie des -75 kg et, jusque-là, régulièrement convoqué en équipe de France junior, l’éminent membre du RO Lexovien n’a pas perdu de temps et est déjà dans son élément chez les grands. Même s’il s’est incliné (4-1) en finale des championnats régionaux contre Baptiste Cheval, il s’est montré à son avantage lors de ces CFA, échouant seulement en demi-finale devant Thierry Ngouda. De quoi l’inciter à un certain optimisme : « Je suis quand même satisfait de mon parcours car c’est ma première année en seniors. La transition s’est, dans l’ensemble, bien passée. Disons que cela frappe plus fort et que les coups font un peu plus mal (sourire). Pour le reste, je suis dans une certaine continuité. J’ai gagné en technique. J’ai perdu face un boxeur qui avait été finaliste de la précédente édition et ce, en faisant un beau combat. Comme, lors des tours précédents, il n’avait fait qu’avancer, je pensais qu’il allait me rentrer dedans. Or, finalement, il a plus tourné que d’habitude. Cela ne m’a pas gêné car ma boxe consiste également à avancer. En fait, il m’a manqué un peu de cardio car j’ai été rapidement fatigué. Je pense que cela est en partie dû au stress car je m’étais bien entraîné pour cette échéance. Il y avait les moyens de passer. J’ai raté la qualification de peu. » Même s’il est encore très jeune, Louis Ameline ambitionne d’intégrer l’Insep en 2022 et a « quand même les Jeux de Paris dans un coin de (sa) tête mais si ce sera difficile » d’y viser une qualification. Pour lui comme pour les autres.

Alexandre Terrini

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